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Ville de Croix

Histoire de la ville de Croix

Croix est citée en 1066 pour la première fois dans une charte de Bauduin V, comte de Flandres. Mais ses origines sont bien antérieures.

Croix, d'après une étymologie saxonne (Cro) signifie terre molle, boueuse, marécageuse. On peut penser aussi qu'il y avait là le point de rencontre de chemins qui se croisaient et auraient ainsi déterminé le nom.
Selon une autre hypothèse, le nom de Croix, pourrait rappeler des "Croix", bornes surmontées d'une croix, plantées par le pouvoir ecclésiastique et dont le simple contact conférait, comme un édifice religieux, la protection de l'Eglise. C'est peut-être une référence au cimetière.

La Seigneurie de Croix a donné son nom à l'une des Maisons les plus anciennes de Flandres, citée dès 1136, et qui compta parmi ses descendants, qui ne portent plus le nom de Croix, au 18ème siècle, un vice-roi du Mexique et un vice-roi de Californie et du Pérou.

La terre de Croix fut érigée en comté avec celle de Flers en 1617, pour Jacques de Noyelles. La Seigneurie de la Fontaine, qui bordait la terre de Croix, existait déjà au 13ème siècle. Une compagnie d'arbalétriers fut érigée en 1410. Croix fut pillée en 1477 par la garnison de Tournai, en 1566 les Gueux y furent dispersés par le Baron de Rassenghien, ainsi que par les Flamands de Menin en 1580.

Cette Commune faisait autrefois partie de la Flandre Wallonne et du diocèse de Tournai.

Retracer l'historique de Croix, c'est aussi évoquer la mémoire d'Isaac Holden, tant ce personnage et l'activité qu'il dirigea (peignage mécanique) contribuèrent au développement de la ville (de 1850 à 1938).

L'Eglise Saint Martin

Dans l'histoire de la paroisse, ce qui frappe, c'est le nombre de démolitions, de saccages, dont elle a eu à souffrir. La dernière en date remonte à la révolution française qui ne l'a pas épargnée non plus. Bien national, elle est vendue pierre par pierre comme d'autres édifices en cette fin de XVIIIe siècle.

Les origines de la paroisse se perdent dans le passé, il semble toutefois que les premiers signes d'une église à cet endroit remonteraient à 1065 ou 1066.
En 1469, on ne comptabilisait que 63 feux (foyers) dans le village (190 à la fin du XVIIe siècle).

A partir de 1800, les offices seront célébrés dans l'ancien presbytère, datant de 1756, dans l'actuel contour Saint-Martin. Les paroissiens souhaitent une nouvelle église. Une petite chapelle sera construite. Celle-ci s'avère trop petite, on en construit donc une autre qui sera consacrée en décembre 1805. Mais l'édifice sera lui aussi trop petit.

En 1846, la décision de tout reconstruire est prise sous la direction de l'architecte Théodor Lepers. Le Curé et le Maire s'associent pour recueillir les fonds, 30.000 F alors qu'elle coûtera 46.100 F, la différence étant prise en charge par lEtat. En 1848, le 26 décembre, l'église est consacrée.

En 1878, trente ans plus tard, le neveu de Théodor Lepers, Mr.Dupire-Rozan, procède à un rehaussement, ce qui triplera la surface de l'église. Les châssis en pierre et les premières orgues datent de cette époque. Le cimetière qui entourait l'église est déplacé aux Ogiers.

En 1905, l'église est devenue bien communal (séparation de l'église et de l'Etat). Grâce à l'essor industriel, la commune contribue à son embellissement. Au fil des ans, l'église s'est étoffée de peintures murales, inspirées par la Sainte-Chapelle de Paris, de vitraux, mosaïques, de mobilier en chêne, d'une chaire de bois sculpté ; d'un chemin de croix, copie de celui de Saint-Martin de Roubaix ; d'un autel de Saint Joseph.

De 1980 à 82, d'importantes rénovations sont réalisées : la pierre, la brique, les boiseries retrouvent leur éclat, la réfection de la toiture, l'installation de l'électricité, le sablage, les peintures extérieures et intérieures, le repiquage des vitraux, la protection des orgues, la remise en service des cloches et des sonneries, le réaménagement des espaces verts, l'installation d'un éclairage extérieur.

L'Eglise Saint Pierre

Décidée en 1875, la construction fut terminée en 1892. Elle est de style néo-byzantin, en brique et pierre de taille.

L'église a été édifiée par les membres d'une société civile immobilière à laquelle appartenaient des notables croisiens. Elle est destinée à être, dans ce quartier ouvrier, une "chapelle de secours". Mais sa construction, que l'Etat ne reconnaît pas, en fait un bien privé. Elle n'intègre donc pas le domaine public avec la loi de séparation.

Les cloches de l'église furent baptisées en 1923. La première cloche s'appelle Marie-Andrée, elle pèse 1500 kilos. La deuxième cloche s'appelle Laure-Eugénie et pèse 1100 kilos. Elles furent fondues en 1923 et remplacèrent les cloches enlevées par les Allemands en 1918.

La chapelle du Croquet

Appelée aussi Notre-Dame de la Délivrance (1256 - 1836), cette chapelle, située rue d'Hem, de style gothique, est détruite à la révolution et sera reconstruite par deux fois. Elle est dédiée à Notre-Dame de la délivrance. Rappelle-t-elle, au bois de La Fontaine, un fait historique ou une légende ?

Histoire, quelques dates :

C'est Henri-Léon Lizot qui écrit, dans la Fauvette du Nord, le 15 janvier 1862, l'histoire de l'émouvant retour au pays de Sigismond, seigneur de Croix.

« Sigismond, preux chevalier, armé de pied en cape, monté sur un beau cheval noir arabe de pure race, revient au manoir de la Fontaine ou l'attendent sa noble épouse et ses deux filles, Marguerite et Blanche. Hélas, le beau chevalier, en Palestine, a perdu la lumière : un Sarrasin, d'un coup terrible, la rendu aveugle. Au sommet de la colline du Croquet, il implore « Marie, Auguste Reine des Anges ». Et son voeu va être exaucé : « Je vois ! s'écrie-t-il, je vois ! Gloire à Vous Notre Dame ! ». A cet endroit, il fera élever un calvaire. Transformé en oratoire, consacré par l'évêque de Tournai, il devint chapelle. »

C'est dans l'église Saint-Martin de Croix que l'on peut retrouver transcrit ce miracle en quatre tableaux (fresque de 12 mètres de largeur peinte par G. Trenteseaux).
Ce miracle a suscité, en 1861, un pèlerinage qui devint annuel. Celui de 1900 rassembla 12 000 pèlerins autour de Notre -Dame de la Délivrance. Selon la tradition, c'est à elle que l'on recommande les enfants qui ne savent pas marcher et les malades qui souffrent des yeux.

Henri-Léon Lizot, qui était plus écrivain que comptable, n'a-t-il pas été plus poète qu'historien ? Ce Sigismond est probablement Gilles de Croix, encore que dans la septième croisade, celle de Saint Louis, figurât un Suger de Croix, qu'on signale à Damiette le 6 juin 1249. Mais, dans l'hypothèse où Suger serait Sigismond, ce n'est pas au château de la Fontaine qu'on aurait dû l'attendre mais à celui de Croix. Henri-Léon Lizot s'est permis là un déménagement poétique, le Val fleuri étant un lieu plus propice par son décor au miracle.

Le Château FLORIN

Construit dans les années 1880, il est également appelé Château Catteau pour avoir appartenu à Henry Catteau.
Il a été acquis par la commune en 1938. Le parc de plus de 2 hectares qui le bordait a permis l'aménagement du centre sportif. Le bâtiment est devenu une Maison des Jeunes en 1945.

Le Château de LA FONTAINE

Le château de la Fontaine est l'un des plus beaux fleurons de notre patrimoine et classé, de surcroît, monument historique : portail, façade, plan d'eau, grilles... Le bâtiment évoque le style renaissance flamande.

Ce manoir, ensemble privé, devenu château en 1605, est cerné de plusieurs sentiers : avenue de Fontaine, chemin rouge, noir, « de Fontaine » et l'Avenue des 2 lions ! Il se situait au XVIIe siècle sur la route de Roubaix à Lille, la seule qui existait à l'époque.

Ce domaine abrite la « Fontaine », réceptacle de la "source miraculeuse", très fréquentée (on y baptisait à la révolution) qui sort plus haut à cent mètres de la Chapelle du Croquet.

La première trace connue des seigneurs de la Fontaine remonte à 1136. D'après la légende, c'est le manoir qui accueillît Gilles de Croix en retour de croisade vers 1254/1255.

En 1389, la seigneurie est cédée à Guillaume de Warenghien puis à la descendance de son gendre, Georges Verdière (1407), seigneur de Péronne, puis à son neveu Jacques Bette, chevalier de Péronne et de Warvannes. Son petit-fils, Jean-François-Nicolas Bette, fut le marquis de Lède (1672-1725) fils de Jean Bette, seigneur de La Fontaine, vice-roi de Majorque, chevalier de la Toison d'or.
A cette époque, la seigneurie de La Fontaine, dépendant pour la justice de Lille, comptait 9 fiefs dont le château de Villers, les Mottes de Croix, des terres à Ascq et à Hem, et de nombreux moulins sur les terres d'Ascq et d'Annappes.

En 1605, Adrien de Bette a reconstruit le château. La porte fortifiée date de cette reconstruction : le manoir devient château. En 1671, il fut revendu par son frère à Robert De Surmont, banquier à Lille.

Octobre-novembre 1792 : Croix est occupé par les Autrichiens. A cette époque, le château appartient à Ernest-Louis-Joseph de Surmont.

A partir de 1802, les familles Duriez, Brame et Wallaert se succédèrent sur le domaine.

En 1844, le château fut restauré, une enceinte autour du château fut construite, fermée par une grille double, encadrée de deux lions grimaçants. Le château a pris pratiquement son allure actuelle sous la conduite des architectes Coulomb et Lacomège.

En 1920, les héritiers de la famille Brame le cèdent à l'industriel Benoît Roussel. A cette date, après avoir été occupé par les Allemands et pillé par les populations privées de tout, le château est en ruines. C'est cet industriel qui sauve l'édifice. Mr Roussel décède en 1969.

1981, François Christiaens (architecte de métier) rachète le château et s'attache à le restaurer lui-même et à lui redonner vie. Il n'oublie pas les dépendances et aménage des pièces d'eau, l'étang derrière le château et le bassin devant.

L'Hôtel de Ville

Daté de 1878, ce château est de style renaissance en pierres blanches et briques. Il a été construit par l'architecte Eugène Dupire-Rozan pour Cyrille Ferlié, commissionnaire en laine à Roubaix.

C'est en 1903 qu'il fut vendu par les héritiers de Mr et Mme Ferlie-Lecomte (parmi lesquels Eugène Duthoit) à Mr et Mme Leclercq-Delaoutre. Mme Veuve Leclercq le vendait à son tour à la ville de Croix en 1923.

Entrée :
C'est au 187 de la rue Jean Jaurès que se situe le château de la Croix-Blanche. Après avoir longé les murs d'enceinte rehaussés de grilles en fer forgé et garnies de fleurs, nous franchissons un haut portail à l'effigie de la ville et découvrons l'hôtel de ville.

Nous sommes accueillis par de magnifiques tapis de fleurs sur lesquels débouche un grand escalier de grès, de formes arrondies, aux rampes en fer forgé aux arabesques majestueuses. Celui-ci nous amène à une double porte donnant sur un vaste hall d'entrée (accueil de la mairie).

Sur la gauche, dans un médaillon peint, une courtisane en robe et col en dentelle nous accueille. Sur la droite, un escalier aux volutes étudiées donne accès aux bureaux du Maire et des services municipaux.

La peinture de l'escalier est de Georges Clairin, peintre de Sarah Bernard et décorateur de l'Opéra Garnier à Paris. Elle représente la sortie du bal masqué du Casino de Monte-Carlo.

On remarquera tout d'abord la qualité des carrelages des vestibules et des couloirs, les portes en bois sculpté, les serrures de bronze travaillées, les glaces biseautées surmontées de médaillons et d'émaux, les plafonds peints par les plus grands artistes du second empire, les lustres, l'état exceptionnel de conservation des matériaux utilisés.

Au rez-de-chaussée, attenant au hall d'entrée se trouvent trois salles de réceptions officielles : la salle à manger, le grand salon Louis XIV et la salle de jeux.

La Salle à manger :
Elle était utilisée comme salle du conseil. On y admire une cheminée imposante, en bois sculpté. Les murs sont recouverts de boiseries aux panneaux de chasse en cuir de Cordoue, fond or, représentant des déesses et dieux. Le grand plafond est peint par Gustave Toudouze.

Le Grand Salon Louis XIV :
Cette pièce est utilisée par la mairie pour la célébration des mariages. Elle a conservé son charme d'origine : boiseries ciselées dorées à l'or fin, magnifiques tapisseries d'Aubusson signées Braquenier représentant des scènes à la Watteau, magnifique parquet de marqueterie assemblé à l'ancienne, grand lustre d'une valeur inestimable à pendeloques de cristal, plafond décoré, dédié au travail et à l'industrie, peint par Léon Ruel, peintre parisien, condisciple de Georges Clairin. De grandes baies vitrées donnent sur le parc du château.

La Salle de Jeux (et fumoir probablement) :
Lors d'une rénovation, on a découvert des panneaux secrets pour ranger les queues de billard ainsi que des panneaux décoratifs représentant des cartes de jeu... Cette pièce était donc une salle de jeux. Elle est pourvue d'une cheminée de marbre, de boiseries moulurées pastel ainsi que de magnifiques vitraux aux couleurs vives.

Un des autres éléments, et non des moindres, qui confère à cet édifice municipal son caractère de sereine beauté est incontestablement le parc qui l'entoure. Au sein de ses 20.000 mètres carrés, on y découvre un petit étang, un kiosque à musique, des arbres centenaires de diverses essences et des parterres de fleurs magnifiquement entretenus. Ce parc est l'un des mieux plantés de la région Nord.

Le château, devenu l'hôtel de ville, est de nos jours l'un des fleurons de nos bâtiments régionaux. Le parc, ainsi que le kiosque à musique, sont également la fierté des croisiens et sont devenus le rendez-vous des promeneurs.
C'est grâce aux maires et aux élus qui se sont succédés, conscients de leurs rôles de garants, que Croix a su conserver et améliorer l'état de l'édifice et préserver son environnement.

Le kiosque à musique

En 1898, Isaac Holden offre à la ville le kiosque à musique qui se situe, alors, sur la Grand-Place. Le kiosque trouvera en 1934, dans le parc de l'hôtel de ville, sa place définitive. Ceci afin de permettre de goûter paisiblement les auditions musicales qui ne seront plus ainsi perturbées par le bruit des voitures.

La Villa CAVROIS

Son emplacement est à l'angle des avenues John-Fitzgerald Kennedy et François Roussel.

- 1928, Paul Cavrois, grand industriel et héritier d'un empire textile prospère, demande à un architecte de grande renommée de construire une grande propriété contemporaine. Son nom est Robert Mallet-Stevens (1886-1945), c'est un architecte français d'origine belge, Dans l'excellence de son art, il dessine la villa Cavrois, un bâtiment remarquable sur le plan stylistique ainsi qu'en matière d'innovations.
Elle ressemble à un grand paquebot. Le vaste édifice (90 m de façade et 2400 m2 de plancher) est fait de milliers de briques jaunes !

- 1932, la villa est inaugurée à l'occasion du mariage de l'héritière Cavrois.

- 1986, la villa Cavrois est cédée à une société immobilière qui construit le lotissement du parc. Une bataille juridique s'ensuit, pendant laquelle la villa, vidée de ses meubles, est laissée à l'abandon

- 1990, la villa est classée monument historique par décret.

- 2001, la villa Cavrois est rachetée par l'Etat. Avant cela, il avait financé des travaux minimum de sauvegarde du bâtiment. Mais beaucoup reste à faire avant de lui rendre son éclat d'origine...

La villa Cavrois est la dernière commande privée de Robert Mallet Stevens. Il y opère une habile synthèse de toutes les avant-gardes architecturales de l'époque : terrasses, jeux de lumières avec d'innombrables baies vitrées.
L'agencement de la maison est tout aussi démesuré en luxe et en innovation... Un cadre lumineux, largement aéré et bien chauffé, avec le moins de gestes inutiles, afin d'avoir un minimum de personnel de service.
La salle de bains des parents est un espace surdimensionné, de même superficie que la chambre, et ouverte sur une très grande terrasse. On y trouve une balance intégrée dans le mur et, surtout, une étonnante et immense douche ronde à jets, couverte de mosaïques.
Chauffage central, ascenseur, passe-plat, éclairage indirect, pièce coffre-fort, fumoir, station essence privée, piscine découverte d'une vingtaine de mètres et... une salle de cinéma. Il y avait même une pièce qui ne servait qu'à ranger les rallonges de table de salle à manger et une formidable salle de jeux pour les enfants.
La villa était à l'époque cernée d'un magnifique jardin à la française aux perspectives géométriques. Tout a été dessiné dans le moindre détail, jusqu'au mobilier, exécuté par un ébéniste parisien et vendu aux enchères en 1986.